La gestion du sommeil , un truc effectivement qui peut plomber une performance .....
Il suffit juste de voir l’importance de la gestion du sommeil en observant les automates en fin d’épreuve d' ultra longue distance se faisant irrémédiablement doubler par des coureurs intrinsèquement moins performants qu’eux mais encore capable de marcher (voir souvent courir) en ouvrant les deux yeux !!!
Et là nos braves "zombis" ne perdent pas quelques poignées de minutes sur leur petits camarades …mais très souvent plusieurs heures !!!
>> un postulat subjectif :C’est à mon sens une erreur de penser qu’après 24h d’effort il reste préférable de supprimer les temps de sommeil pour « griller quelques concurrents » plutôt que de s’accorder des pauses régulières de sommeil .
Mais ce positionnement n'engage que moi puisque cette affirmation n'a rien de scientifique
>> une démarche possible de "préprogrammation" du sommeilA toutes celles et ceux qui se préparent pour le prochain UTMB ou d'autres ultras et qui souhaiteraient démarrer l’entrainement du sommeil dit "polyphasique" , le moment de cette préprogrammation peut se positionner à J-15 ( J-21 pour les plus aguerris)
Avertissement :
Il serait complètement illusoire de croire que l'on peut dominer ainsi son sommeil en "no limit" !!
Se structurer des périodes courtes de sommeil n'est possible que sur des périodes très courtes ou le psychique, par une situation programmée comme exceptionnelle, pourra permettre à l'organisme de tenir en situation de compétition majeure qui constitue l'objectif de l'année ( comme l la diagonale des fous par exemple) , ou en situation de dangerosité à gérer coûte que coûte ( autour des 40e rugissant le marin en solitaire ne dort pas longtemps sur son embarcation, idem pour la traversée de la mer du Nord en kayak avec des monstres d'acier haut comme un immeuble frôlant l'embarcation toutes les 5 minutes !! )
Il serait tout aussi illusoire de vous faire croire que cette proposition de méthodologie de préprogrammation du sommeil est infaillible pour s'éviter les "coups de mou" sur un ultra à partir de 24h de course ....
Voilà pourquoi je n'en fais pas une règle d'utilisation ... aucune donnée scientifique irréfutable ne venant à ce jour étayer cette démarche... la prudence reste de mise ...même si la plupart des concurrents des courses en solitaire au grand large pratique cet entrainement , je pense notamment à ceux de la célébrissime "Solitaire du Figaro" .
Le principe de la structuration du sommeilClassiquement on cumule cinq cycles de sommeil sur notre nuit .
Chaque cycle, d’environ 1h 30, se structure par blocs .
L'un des plus important pour nous autres sportifs amateurs d'ultra est celui qui consiste à se placer dans le sommeil lent profond pendant lequel on récupère le plus de la fatigue physique .....
Sommeil qui est suivi par la phase du sommeil paradoxal ou par les rêves on va passer sur une récupération psychique... donc pas forcément indispensable sur des courses d'ultra ou le stress est limitée (ce qui n'est pas le cas par exemple pour les courses au large ou il faudra gérer le rafiot en pleine tempête !!)
Les experts considèrent qu'il faut en moyenne trois cycles d’1h 30 (environ) par tranche de 24 heures pour tenir le choc sur du moyen terme ( une à deux semaines maxi) .
Comment s'y prendre ?Il s’agit de mettre en place progressivement une réorganisation des rythmes de sommeil avec comme objectif la réduction de la durée cumulée.
Pour se contenter en fin d'entrainement à :
> 2 à 3h maxi sur un « non-stop » de 30 à 40h
> 3 à 4h maxi pour un « non-stop » entre 40 et 72 h
> 4 - 5h au delà si la durée de l'épreuve ne dépasse pas 2 semaines
(chiffres très théoriques , puisque nous ne sommes pas des clones ! )
Il va falloir apprendre à entrecouper la journée de courtes siestes
Deux étapes :
>> étape 1 ( de 5 à 10 jours)4 temps de sommeil de 30 minutes (entre 22h et 6h) la nuit + 2 siestes de 30 minutes en journée (cumul 3h )
on peut aussi tenter 4 à 6 temps de 20 minutes
(pour les gros dormeurs au delà des 8h de sommeil , on peut se caler sur 6 temps de 30 minutes en nocturne )
On peut réaliser un entrainement fractionné 1 jour sur 3 par exemple en reprenant entre son rythme classique de sommeil
>> étape 2 ( sur la dernière semaine avant l'objectif)2 temps de sommeil de 30 minutes (entre 22h et 6h) la nuit + 2 siestes de 30 minutes en journée (cumul 2h )
(pour les gros dormeurs au delà des 8h de sommeil , on en restera sur 4 temps de 30 minutes en nocturne )
Cela peut se faire sur deux plages de 24h :
> l'une située à 7 jours du départ
> l'autre à 4 jours Des essais sont nécessaires avec l'utilisation du réveil (en choisissant sa sonnerie de réveil : elle ne doit pas être trop forte et surtout agréable pour vous )
Le réveil vous permettra de ne pas "angoisser" sur le risque d'une sieste trop longue , il facilitera le "lâcher-prise"
IMPORTANT !!!Il est indispensable de contrôler les indicateurs classiques du niveau de fatigue
> les valeurs des Ruffiers ne doivent pas s'effondrer ( le test sera fait tous les jours)
> l'appétit doit rester égal à lui-même
> l'humeur restera acceptable (pas d'irritabilité "anormale" )
Si cette préprogrammation altère l'un ou l'autre de ces indicateurs il faut stopper !
Pour ceux et celles qui sont novices sur ce type de préparation et qui auraient besoin de se rassurer il est tout à fait possible de conserver les 48 voir 72 dernières heures pour une complète recharge en terme de récupération psychique et dans ce cas de faire suivre les temps de sommeil polyphasique par la phase du sommeil paradoxal avec deux nuits plus "classiques" Bon je vous l'ai dit tout ceci n'a rien de scientifiquement prouvé .... A chacun d'apporter sa validation ou non sur cette suggestion de maîtrise du sommeil sur une courte période
Alain