Après avoir entendu depuis très jeune, " l'Ultra c'est pour les vieux", je vois la victoire de kilian sur le Grand raid.
C'était il y a un an, j'avais arrêter le rugby depuis peu et je chercher un nouveaux challenge à me fixer. A 18 ans je me lançais donc donc cette formidable aventure. Un an de préparation, une passion pour la montagne, les sentiers qui grandissait de jour en jour, et me voilà le jour de l'épreuve.
5h30 j'arrive au stade, après le contrôle des sacs je rentre sur le stade, il fait froid, je cours un peu plus pour me réchauffer que pour m'échauffer...
Les jours qui précédaient, j'avais du mal à dormir, et ressentais une grosse appréhension, là à quelques minutes du départ, je suis vraiment détendu.
Lorsque l'on nous appel près du portail pour le départ, étant à l'autre bout du stade, j'y vais tranquillement et suis donc vers la fin de la masse de coureurs.
A 6h20 approximativement (un peu plus à ma montre), le départ est donné, il a fallu attendre quelques minutes pour enfin pouvoir sortir du stade et se dérouiller les jambes.
J'alterne donc marche et course (très peu de marche et arrive au pied du bloc vers un peu plus de 7h), mon père me donne deux bouteilles d'eau et de poudre, du gel et j'entame la monté du bloc.
Ne voulant pas monter trop vite je suis dit que je ne doublerai pas, je monte donc très tranquillement, en profitant du beau temps et de la nature.
Vers 8h 45 j'arrive au gîte du piton, le temps de remplir ma poche, d'y mettre de la poudre, je repart presque 10 min après.
Je me sent très bien et me dirige vers la descente du cap anglais, je la redoutais pas mal, je descend doucement, sans me presser, en doublant pas mal de monde, en perdant souvent une peu de temps, mais en me faisant plaisir, les semelles vibram de mes Speed Trail accrochent très bien et je me sent très stable.
J'arrive à Hell bourg, le temps de me ravitailler en eau, de faire quelques étirements, je part et pointe vers 10h10 a la sortie direction ensuite grand sable, il fait chaud mais ça reste couvert, je rejoint un coureur avec qui je cours pendant un bon moment, nous discutons de tout et de rien, je me sent facile et je suis content, lui à l'air trop fort pour moi et me dit que à cette allure il prévois d'arriver en 17-18h.
Je continue avec lui car le rythme me parait raisonnable, pas très rapide, et c'est toujours plus reposant de ne pas "faire le rythme".
Après la traversé de grand sable, après le plateau, nous traversons la dernière rivière, et montons ensemble, je me dis que c'est pour l'instant la journée parfaite, viens alors le moment que je considère comme clé dans ma course : 10 min après le début de la bonne montée, je n'ai plus d'eau...
J'ai alors fait une très grosse erreur en ne prévoyant pas plus, après 10 min je laisse le coureur avec qui j'étais par peur de me déshydrater et d'avoir des crampes, je décide donc de ralentir, 15 min après, ce que j'avais tant redouter arrive, les crampes commencent à apparaitre dans mes quadriceps ...
Je ralentit encore, et attend les petits ruisseaux que l'on coupe dans la monté, quand j'aperçois le premier petit ruisseau, c'est un immense soulagement, je remplis ma poche et bois, bois beaucoup, au deuxième ruisseau je n'ai déjà plus d'eau, je re-remplis, et continue à beaucoup boire jusqu'au pied du sentier scoot. J'y arrive vers 13h 25, avec un peu d'avance sur mes prévisions, c'est une grosse surprise.
Je prend le temps de me ravitailler, je me fais masser par mon père, mes soeurs aussi sont venu me soutenir, ainsi que ma mère.
Je change de chaussure, et met des tabuccos sèches et sans boue, avec plus d'amorti pour les descentes qu'il me reste.
Je repart ensuite en trottinant vers Aurère, dans la descente, on m'apprend que la France est en Finale ! Voila qui met du baume au coeur !
Je continue à beaucoup boire, et arrive à Aurère vers 15h40, toujours en avance sur mes prévisions, j'attend ma cousine à Deux Bras, et elle a du retard, je prend donc mon temps me ravitaille et repart bien un quart d'heure plus tard.
Dans la descente je fais la connaissance d'un touriste belge qui est aussi sur le trail de bourbon, il me parle de son amour pour notre île et me dit que lui ça va bien pour l'instant, je fais un bout de chemin avec lui puis prend la direction de deux bras. J'arrive un peu avant 17h et je suis très fatigué, mais je veux repartir de suite pour ne pas me refroidir, je n'arrive presque plus a manger depuis le sentier scoot, avec toute cette eau bu, j'ai envie de vomir.
Je n'ai plus de barre ni de gel, je suis donc obligé d'attendre que ma cousine arrive, lorsqu'elle est là, je me ravitaille vite et repart, dans la monté, Emmanuel, avec qui je me suis entrainé toute l'année (et qui à fait le grand raid jusqu'à Hell Bourg, et à du renoncer à cause de ses genoux) m'appel et me dit qu'il vient me voir à Dos d'Âne, ça fait vraiment plaisir.
Je monte donc le fameux mur, c'est dur, très dur... 1h20 plus tard je suis en haut, la principale difficulté est derrière, Emmanuel est là, me ravitaille, me donne du Gel, car rien de solide ne passe.
Il m'encourage et me dit que je suis bien, je continue alors, j'arrive ensuite au ravitaillement le temps de remplir de l'eau, je vois mon oncle qui lui est sur le grand raid, je suis alors surpris de le voir là, je le pensais beaucoup plus loin. On repart ensemble, mais ce n'est que pour quelques minutes, dès le début de la descente dans la ravine du sentier kalla, il reste derrière, 130 Km dans les jambes, j'imagine que ce doit être encore beaucoup plus dur...
Je descend kalla presque sans courir, je ne suis pas bien je n'arrive pas a manger, mais revoir ma copine à la possession, me remet du baume au coeur, j'avance, et même si je pensais être très lent je rejoins quand même du monde.
A la possession je suis très fatigué, ma copine m'accueille, je me ravitaille, me fais masser, et ma copine m'accompagne sur le chemin des anglais car je suis proche du malaise, à cause d'une hypo.
Je peine beaucoup sur le chemin des anglais, je titube un peu j'essaie de m'accrocher, arrivé a la grande chaloupe je fais une grosse erreur, je m'allonge, pendant plus d'une heure et demie, je tremble, je n'arrive pas a me relever, mon père me fait par de son expérience, me dit de me forcer à manger, et que ça allait revenir.
J'arrive enfin à me relever, je monte des marche et trottine pour me réchauffer, et je repart, ce serait trop bête d'abandonner maintenant, ma copine, ma mère et Emmanuel m'encouragent, je repart et monte vers Saint Bernard, au fur et a mesure ça revient, ça revient même très bien, au pied du sentier, ma mère et ma copine m'attendent, je ne suis plus à 10 min près, maintenant que mon objectif de 20 H est envolé, je prend donc mon temps et discute avec elles.
Je repart ensuite, les jambes sont de mieux en mieux, au colorado je double en couple qui à l'air de très bien fini, et je m'arrête de nouveau pour me ravitailler, je prend vraiment mon temps et avec la forme qui est revenu, je repars courant vers la Redoute, la descente est assez compliquée la nuit, mais 40 min plus tard, j'entre au stade avec un coureur qui fit la deuxième partie de la descente avec moi.
On arrive en courant bien, et il me dit " à fond jusqu'à la ligne ? " et voilà donc mon arrivé, en sprint, mon premier trail de bourbon bouclé, je n'ai pas tenu mon objectif de temps (un peu plus de 22h contre une prévision de 20), mais je suis encore plus fier, d'être reparti après mon état à la grande chaloupe, que si j'avais fait 3 h de moins en ayant eu aucun problème.
Bravo à tous les participant durant ce magnifique week end, ainsi qu'à tous les bénévoles.
Je remercie également Emmanuel avec qui je me suis entrainé et qui m'a conseillé et aidé cette année et pendant la course, et sans qui celà aurait été beaucoup plus dur.